Yasmina Khadra: Sortie de son dernier roman

Le roman de la rentrée

Le roman de la rentrée

Ce que le jour doit à la nuit“, le dernier roman  de l’écrivain algérien Yasmina Khadra (Mohamed Moulesehoul) est actuellement  disponible sur les étals des librairies françaises.
L’ouvrage, que les critiques présentent comme l’un des évènements littéraires  de la rentrée, est l’histoire d’un amour impossible entre un Algérien, Younès  et une Française Emilie, sur fond de période coloniale et de guerre de  Libération nationale.

Younès, fils d’un paysan algérien, ruiné et contraint d’hypothéquer  ses terres, débarque, dans les années 1930 à Oran, où il “atterrit”, avec  sa famille, dans un bidonville, Jenane Jato. Le père ne pouvant faire vivre  les siens, confie Younès à son frère, un pharmacien bien intégré, financièrement  aisé et marié à une Française Germaine.
Dans sa famille d’adoption, Younès s’épanouit, apprend à lire et à  écrire, fréquente l’école française. Tout va pour le mieux, jusqu’au jour où  son oncle est arrêté par la police pour ses activités nationalistes. Humilié,  il quitte Oran pour s’installer à Rio Salado, un petit bourg européen, situé  près d’Aïn Témouchent.
Younès, que tout le village appelle Jonas, fera partie d’un groupe de trois amis qui deviendront inséparables. Moments d’amitié et complicité forts  qui seront perturbés par l’apparition d’Emilie, une belle femme, convoitée secrètement  par les quatre compères. Le cœur d’Emilie balance pour Younès. Les hésitations  de ce dernier pousseront la jeune fille à épouser finalement un ami de Younès.   Au-delà de cette histoire d’amour impossible, Yasmina Khadra décrit  le désarroi d’un personnage qui n’arrive pas à se positionner par rapport à  sa vie sentimentale et aux évènements qui secouent son pays, notamment après  le déclenchement de la guerre de libération nationale.
Il n’arrive pas à choisir son camp. C’est malgré lui qu’il hébergera  et soignera, dans sa pharmacie, un officier de l’ALN blessé, qu’il fournira  des médicaments et qu’il acheminera l’argent collecté pour “El djebha” (FLN).
Il assistera, au printemps 1962, au départ de ses amis et des Européens pour  la France.
Quatre décennies plus tard, Younès débarque à Aix-en-Provence pour  se recueillir sur la tombe d’Emilie. Moment de retrouvailles avec toutes ses  anciennes connaissances de Rio Salado. Les “héros” ont pris de l’âge, mais  les souvenirs restent intacts, les blessures et les rancœurs encore vivaces  mais les liens d’amitié très forts.
Yasmina Khadra, qui dirige actuellement le Centre culturel algérien  de Paris, aborde un pan de l’histoire contemporaine nationale, dans sa dimension  humaine, à travers le destin de personnages “passifs” subissant la marche de  l’histoire. Plusieurs romans de l’auteur ont été primés à l’échelle internationale.  D’autres connaîtront une carrière cinématographique avec leur adaptation au  grand écran comme “l’Attentat” ou “Les hirondelles de Kaboul”. Un distributeur  américain s’intéresse actuellement au commissaire Brahim Llob, un personnage  de Khadra, dont les aventures seront adaptées au petit écran.
“Morituri” a déjà été porté à l’écran par le cinéaste algérien Okacha Touita. Le film a été projeté dans plusieurs villes du pays.

El Moudjahid

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