Top Resa : Les algériens sont venus en touristes !

Top Resa

« Nous sommes venus pour voir… », déclare d’emblée un membre de la délégation algérienne venue couvrir le Salon Top Resa. Conduite par l’ONT (l’Office national du tourisme) et forte de huit agences de voyages (dont le réceptif étatique l’ONAT), de deux organisateurs d’événements sportifs (Marathon du Hoggar et Marathon des Dunes) et d’un hôtelier.
« On attend… », avoue un autre exposant du groupe. « Il est vrai que promouvoir le tourisme en temps d’insécurité n’est pas évident », ajoute t-il.

Étrange… Alors que M. Vincent Lhoste, le directeur de ce Salon, a martelé : « Gagnons du temps, profitons de ces quatre journées de rencontres avec les 1300 entreprises présentes, et faisons de ce rendez-vous parisien un événement productif », les Algériens ne semblent pas avoir reçu le message !

La 30e édition de Top Resa revêt un caractère particulier puisque le salon adopte à Paris un nouveau positionnement et une nouvelle dynamique. A l’instar des grands salons professionnels mondiaux, Top Resa s’adresse exclusivement aux professionnels acheteurs et chargés de programmation des industries du tourisme et des voyages. Il accueille la production (les chefs de marchés et les chefs de produits), l’organisation (les agences événementielles, les meeting-planners et l’incentive) et la distribution (les agences de voyages, les chargés de voyages en entreprise).

Sur le stand algérien de 50 m² au décor plutôt vieillot (normal, c’est le même depuis des années), mais qui aura tout de même coûté la bagatelle de près de 5 millions de dinars, c’est le calme plat !

Quid de l’information ?

Rien n’est fait pour intéresser les professionnels venus sur le stand s’enquérir des nouvelles offres et faire le point sur les avancées (?!) touristiques dans cette destination.

« En 2007, nous avons enregistré 1,7 million d’arrivées internationales dont 500 000 pour le tourisme d’affaire et des segments du tourisme saharien », déclare péremptoirement Ahmed Boufares, le responsable par intérim de l’ONT. Des chiffres qui cachent un malaise car l’Algérie n’a pas pourvu d’observatoire du tourisme. Sur son principal marché émetteur de touristes qu’est la France, l’Algérie n’aura enregistré que…170 233 visiteurs en 2007, d’après le magazine des industries du tourisme « L’écho touristique » qui publie « Le palmarès 2008 des voyagistes » dans son numéro « Spécial Top Resa ».

Quid de la documentation ?

Presque rien. Juste quelques dépliants et posters qui datent de plusieurs années et qui ne reflètent en rien l’attractivité supposée du pays.

Quid de la communication ?

Le néant. Pas de rendez-vous programmé avec la profession ni de conférence de presse, aucune déclaration hormis l’annonce confidentielle faite par l’ONAT concernant le nouveau vol charter Paris–Ghardaïa programmé dès cet hiver par le voyagiste Point Afrique.

Rien de probant n’a été conclu avec les tours-opérateurs français durant ces quatre jours. « Alors que la saison d’hiver sur le Sud s’annonce déjà, aucun voyagiste n’a été contacté pour s’associer à une quelconque opération ! » dit en substance un TO français, surpris et déçu. Et d’ajouter, très pragmatique : « C’est malheureux à dire, mais avec le conflit au Niger, la crise en Mauritanie et les complications administratives enregistrées en Libye, l’Algérie a tout pour faire une excellente saison sur le Sahara »….

Quid de la Maison d’Algérie ?

En dépit des effets d’annonce, il n’y a toujours pas de bureau du tourisme en France. Ajouté à cela l’absence, depuis plus d’un an, d’éductours destinés à faire connaître les richesses touristiques aux publics français et l’abandon pur et simple des deux seules manifestations sensées dynamiser le secteur : le Festival du tourisme saharien et le SITEV (Salon International du Tourisme et des Voyages), le doute n’est plus permis : le secteur est bien en pleine décrépitude !

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