Le flop de l’Algérie à la foire de Lausanne

Doris Leuthard, ministre suisse de l'Economie et El Hachemi Djaaboub, ministre algérien du Commerce au Comptoir Suisse de Lausanne

Doris Leuthard, ministre suisse de l'Economie avec El Hachemi Djaaboub, ministre algérien du Commerce au Comptoir Suisse de Lausanne

Hôte d’honneur du Comptoir Suisse – foire commerciale qui se tient à Lausanne – l’Algérie n’a pas convaincu quant à sa volonté de relancer son tourisme. L’Algérie n’aura pas enchanté les visiteurs avec les quelques brochures et bibelots de son artisanat présentés sur son stand. A cause du ramadan ou par manque d’intérêt pour le pays, le Forum économique sur l’Algérie qui s’est tenu le 24 septembre n’aura pas non plus attiré les foules. Des experts interpellés sur les raisons de cet échec s’y sont pas allés par quatre chemins pour l’expliquer à l’Oranaise. “Si dans les faits l’État algérien a compris l’urgence de développer son tourisme pour pallier le risque économique de l’après-pétrole, la réalité sur le terrain est toute autre”, déclare un expert en communication touristique, en visite au stand algérien.

Le président de la Chambre de commerce et d’industrie Algérie-Suisse, Claude Haegi, a indiqué que l’Algérie s’est dotée d’un bon cadre législatif, “mais dans la pratique, les choses sont différentes. Ce qui décourage les investisseurs”.

Le Secrétariat d’État suisse à l’économie (SECO) n’est pas plus optimiste. “Une bureaucratie compliquée et inefficiente, le manque de force de travail qualifiée, les problèmes de communication et le manque de transparence dans les passations des marchés publics amènent plusieurs entreprises étrangères à préférer d’autres marchés”.

“L’Algérie est à la traîne en matière de tourisme, par rapport à ses voisins et la promotion de ce secteur se heurte à plusieurs écueils”, a souligné Hasni Abidi, Directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (CERMAM) à Genève. “Même si le pays possède une confortable rente de ses revenus pétroliers pour promouvoir son tourisme, il reste de nombreux obstacles à surmonter pour attirer les foules de touristes et mener à bien ce projet.”, fait remarquer un tour-opérateur suisse.

Le Ministère suisse des Affaires étrangères (DFAE) note dans ces consignes aux voyageurs qu’en Algérie “il y a un risque d’attentats terroristes sur l’ensemble du territoire” et que “Depuis fin 2006, le nombre d’attentats a de nouveau augmenté” !

“S’il n’est évident de promouvoir le tourisme dans un tel contexte, le plus dur à avaler est le manque de préparation évident des algériens à ce genre d’évènement”, constate un algérien vivant en Suisse.

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