Yasmina Khadra prend sa revanche

Méthodiquement écarté des Prix littéraires de la rentrée, Yasmina Khadra s’est senti trahi par les siens. Alors que son dernier roman, Ce que le jour doit à la nuit, est considéré comme l’un des best-sellers de la rentrée, le titre ne figure dans aucune liste de jury littéraire.
Invité à l’émission de Canal +, “Salut les Terriens” de Thierry Ardisson, il fulminera accusant les jurys de parisianisme frileux alors même que son livre cartonne dans le hit-parade des ventes et figure depuis plus de dix semaines dans les meilleures ventes (plus de 100 000 exemplaires vendus).

Celui dont l’oeuvre littéraire est lue et traduite dans plus d’une trentaine de langues de part le monde, se sent comme disqualifié par ses pairs. “Toutes les institutions littéraires se sont liguées contre moi, siffle-t-il entre ses dents, alors qu’on devrait me saluer pour avoir écrit dans une langue qui n’est pas la mienne, avec ma singularité de Bédouin !”.

La reconnaissance viendra du lecteur lui-même, puisque le roman de Yasmina Khadra, Ce que le jour doit à la nuit, vient de recevoir le Prix France Télévisions, décerné par un jury de téléspectateurs.

Dans la sélection proposée par Olivier Barrot et les journalistes de France Télévision (France 2, France 3, France 5 et RFO) à un jury composé de vingt-cinq téléspectateurs figuraient également Là où les tigres sont chez eux de Jean-Marie Blas de Roblès (Zulma), Zone, de Mathias Enard (Actes Sud), les Années, d’Annie Ernaux (Gallimard), Trois hommes seuls, de Christian Oster (Minuit), et Un lieu incertain, de Fred Vargas (Viviane Hamy).

L’outrage serait enfin réparé.

* « Ce que le jour doit à la nuit », de Yasmina Khadra, Ed. Julliard, 413 pages, 20 euros.

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